Pantai dins lou jardin dóu Lussembourg

Rêverie dans le jardin du Luxembourg
2005
Illustrateur: 
2-9520530-5-7
10.00€
Statut: 
Publié

Version originale anglaise, traductions françaises et provençales

Le rêve est un genre souvent utilisé pour exprimer une expérience sentimentale, car il permet de justifier l’invraisemblable et l’idéalisation. Lorsque le livre de Richard Aldington est tombé entre mes mains, quasiment par hasard, ma première réaction fut la surprise qu’un écrivain britannique ait eu l’idée de mêler dans une même rêverie des réminiscences de la lointaine tradition des troubadours et des relations précises du temps présent, des visions fantasmagoriques et des situations réalistes de la vie de tous les jours.

Marcel Audema

Richard Aldington, l’auteur de Mort d’un héros, réponse littéraire britannique à la Grande Guerre, a écrit ce très long poème qu’il souhaitait voir un jour traduit et édité en provençal. Nous remercions sa fille Catherine et les éditions Actes Sud à Arles de nous avoir permis de faire entrer ce beau et long poème à notre catalogue. R. Aldington a longtemps vécu à Montpellier et à Aix-en-Provence.

~ EXTRAITS ~

Celui qui rêve éveillé ne s’attire guère de sympathie
Et j’ai un ami, un sage, dont le sourie est triste,
Qui prétend qu’il s’agit là d’une maladie léguée par Rousseau,
Mais je doute que cet ami, ce sage,
ait jamais été amoureux, vraiment,
Un amour fait d’insomnie, de manque d’appétit,
Un amour qui fasse que Rome s’abîme dans le Tibre.
Mais oublions donc mon ami et laissez-moi vous raconter
Le songe que j’ai fait un jour,
Car qui peut être amoureux, à Paris, en Juin,
La femme de ses pensées dans un lointain pays
Sans en rêver au grand jour, assis sous les arbres
Au jardin du Luxembourg ?

Avèn l’ana de mespresa lou pantaiaire dereviha.
Un de mis ami, sàvi e dóu sourrire triste,
Dis qu’aquelo malautié nous vèn de Rousseau,
Mai me demande s’aquéu sàvi fuguè
jamai veramen amourous,
Un amour à vous faire perdre lou dourmi e lou manja,
Un amour à faire s’abasima Roumo dins lou Tibre.
Oubliden moun ami e leissas me vous racounta
Lou pantai qu’un jour faguère,
Car, quau pòu èstre amourous à Paris, au mes de jun,
Dóu tèms que la femo de si pensado es
dins uno luenchenco countrado,
Sènso n’en pantaia à la bono dóu jour, asseta souto lis aubre,
Dins lou jardin dóu Lussembourg ?