Dou cimèu e dis Eime de Ventour is Escampado

Du sommet et de l'esprit du Ventoux jusqu'aux "escampades"
2008
Illustrateur: 
Préfacier (auteur du péritexte): 
978-2-917111-03-1
15.00€
Statut: 
Publié

« Dou cimèu e dis eime dou Ventour is escampado » peut se traduire littéralement par : « Du sommet et de l’esprit du Ventoux aux escampades », si l’on entend par ‘escampades’ l’eau qui, du sommet, se repend dans la plaine alentour. C’est de cet enracinement nourri de l’eau de sa Montagne, de ce Ventoux nourricier, cette brèche bleue découpée dans le ciel, que Claude Lapeyre, comme René Char, tire la substance de ses mots. C’est dans la plaine que les eaux moissonneuses s’assagissent en poèmes.
Claude Lapeyre – 77 ans en 2008 - ancien ‘fotballeur’, alpiniste et grimpeur, skieur, professeur de physique, maire du village, maçon à ses heures (il a lui-même construit sa maison), a eu une vie bien remplie.
Mais pourtant, il eut quelque chose de plus. Un jour – du temps de sa jeunesse – il ‘tombe’ sur des poèmes de René Char. C’est le choc. Pendant trois jours il tourne et retourne cette lecture dans sa tête. Le troisième jour il va frapper à la porte des Busclats. C’est tout près, de l’autre côté du village. Char lui ouvre. Claude lui explique. Il a lu ses poèmes, il faut qu’il connaisse celui qui a écrit cela. Ils commencent à parler. Le lendemain, c’est Char qui fait le déplacement.
Ils ne se quittèrent plus. Amitié silencieuse, discrète, intime, simple, complète : elle coule de source. Char lui demande des dessins, puis les oublie, mais il lui dédie les Chants de la Balandrane dans l’édition de la Pléiade.
Toute sa vie, Lapeyre écrit, mais en provençal, pour ne pas être comparé, pour être lui-même, proche, mais différent. Et il est différent. Même si ses poèmes ont parfois des consonances chartriennes, ils sont tout autre chose. Il garde ses écrits comme un jardin secret, n’ose jamais les montrer à son ami. Pour ne pas risquer, pour ne pas froisser. Par simplicité aussi. Sans aucun doute.
A 77 ans, Lapeyre (Lou Clapas, son pseudonyme de la belle revue « Les carnets du Ventoux ») pense que "L’heure est venue pour moi de rentrer, ô rire d’ardoise, dans un livre ou dans la mort"
(R. Char)

Du sommet et de l'esprit du Ventoux jusqu'aux "escampades", Claude Lapeyre